L’éducation positive… oh fuck.

Il y a quelques jours, je suis tombée sur cet article « les limites de l’éducation positive » de La Belle Vie Family.

En voici un petit extrait :

Ce qui me dérange dans la parentalité positive c’est cette course vaine pour être le parent parfait. J’aime beaucoup cette philosophie de vie qui vise à plus d’empathie et de respect, à moins de jugement et d’agressivité mais c’est dommage que cette vision des choses ne puisse pas s’appliquer aussi aux parents. Si l’on souhaite apprendre le respect à son enfant ne faut-il pas commencer par nous respecter nous même pour lui montrer l’exemple? Finalement, comme souvent, les extrêmes sont néfastes et il faut savoir faire le tri de toutes les informations reçues.

C’est un article très vrai, qui me parle beaucoup…

On se connaît pas encore très bien, Petit Lecteur, mais sache que je tente de nager dans l’éducation bienveillante depuis que je suis devenue Maman. Depuis 6 ans et demi donc. C’est pas toujours très réussit, c’est même souvent du gros n’importe quoi, et je me suis retrouvée un nombre incalculable de fois à culpabiliser, me détester, voire me fouetter à coups d’orties, d’être une mère passable, voire même… nulle à chier.

Est ce que, toi aussi, voulant bien faire…

Tu te mets la pression, tu n’es pas à la hauteur des livres, tu culpabilises, tu t’enfermes dans une spirale où chaque soir, chaque nuit, tu te dis que tu es une mère affreuse (un père affreux ?), indigne de tes enfants… ?

Et puis, avec le temps, tu lâches prise. Tu dis fuck. Tu te résignes à être une mère moyenne, loin d’être parfaite, pleine de défauts : pleine de sa personnalité bancale et de son histoire qui n’appartient à personne d’autre.

Étrangement… Ça va mieux.

Tu deviens une mère plus cool, plus à l’écoute de toi même, sans doute de tes enfants aussi, alors que tu as arrêté de lire et de t’imposer cette image de parentalité parfaite et bienveillante. Tu as appris à t’accepter, à t’énerver sans pleurer de culpabilité pendant 3 jours, à t’excuser sans en faire des caisses, à dire à tes enfants que toi aussi, des fois, t’es de mauvaise humeur et que t’en as marre de tout, qu’être maman et élever des mini humains, c’est la chose la plus difficile que tu aies jamais faite… et dont tu es le plus fière.

Personnellement, j’ai appris à accepter et assumer mes besoins : en 2 mots, à être égoïste. Parce qu’être égoïste m’apporte plus de calme et de sérénité pour supporter ma descendance. C’est dur, mais c’est une vérité.

Cet article soulève un point important, rarement abordé dans ces nombreux livres de psychologie infantile : penser à soi en tant que personne, s’accepter, tolérer qu’on ne puisse pas coller à cette image parfaite de parent toujours à 100% à l’écoute de son enfant. Car ça signifierait s’oublier pour ne penser qu’à l’autre. Dans un monde idéal, peut-être… dans le monde d’aujourd’hui – dans le mien en tout cas – non.

Je sais que je suis solitaire, j’aime être seule, totalement seule, des journées entières. Ça a toujours été ainsi. Déjà enfant – ou ado, je ne voyais pas l’intérêt d’inviter ou sortir avec des amis : ce que j’aimais, c’était passer tout mon temps dans ma chambre, à faire ce que je voulais, sans personne pour me déranger, au calme. J’ai du mal avec le monde, et si je me retrouve dans un événement avec beaucoup de monde, tu me retrouveras bientôt à l’écart, seule.

Alors, le calme, avec 2 enfants expressifs, à qui je répète depuis leur naissance qu’elles ont le droit de crier, pleurer, être mécontentes (bref, à exprimer leurs émotions sans tabou)… Forcément, ca coince un peu avec mes besoins à moi ! Ce qui fait que leur simple présence peut me rendre dingue, parce que je manque terriblement de temps pour moi, seule à seule.

Et là, il s’avère que la mère bienveillante, qui les supporte facilement en semaine, les jours d’école, de 16H30 à 20H30… A beaucoup plus de mal à montrer son visage en juillet-août, avec 2 adorables dindes dans les pattes de 9H à 22H !

Je ne frappe pas. J’ai des accidents, ca peut arriver, je m’excuse, j’explique. Non que ce soit acceptable : mais j’ai moi aussi reçu une certaine éducation, et certaines choses sont gravées en soi, comme des messages automatiques. C’est devenu très rare depuis que j’ai lâché prise… Oui, je mettais des fessées plus fréquemment quand je voulais absolument être une mère bienveillante. Et je culpabilisais à mort pendant des lustres, déprimant sur mon incapacité à être une bonne mère.

Je ne punis pas. Je les envoie se calmer dans leur chambre quand les choses deviennent trop stressantes, trop à vif. Pour leur et ME permettre de réfléchir et faire redescendre la pression. Quand nous ne sommes plus en colère, sur la défensive, on peut se retrouver, en discuter si besoin, ou encore s’excuser.

Alors ouais, parfois, tu gueules, tu cries que tu vas les tuer si tu les entends encore se disputer pour la 154ème fois de la journée, tu peux plus les supporter, tu rêves de t’évader sur une île déserte, loin de tes mouflets. Mais 10 minutes plus tard, tu leur proposeras de faire un gateau pour faire la paix et leur rappeler que si toi tu dépasses les bornes en criant trop fort, elles aussi en se tapant dessus, qu’il faut tous faire des efforts pour qu’on s’entende un minimum.

l'inspirée du bocal mes dindes_censored

Mes petites relou adorées,

pataugeant dans la Loire – juillet 2017

 

Ca ne signifie pas qu’il faut faire n’importe quoi, ne pas s’informer un minimum, s’ouvrir à d’autres manières de faire, échanger avec d’autres parents, leur donner des astuces en retour et savoir les écouter… Mais qu’il vaut mieux jongler avec les théories sans en faire une religion, tenter d’appliquer certaines règles mais en laisser certaines, qui ne vous correspondent pas, de côté. Ca signifie simplement faire preuve d’un peu de tolérance envers soi même.

Bordel, qu’est ce qu’ils nous gavent nos gosses ! Mais on pourrait crever pour eux sans hésiter une seule seconde… et sans culpabiliser en plus.

20 réflexions sur “L’éducation positive… oh fuck.

  1. Anne-Laure dit :

    Eh ben voilà…… comment mettre des mots simples et justes sur ce que je ressens parfois….. alors la différence entre toi et moi c’est que mes enfants sont plus grands (de 8 à 13,5 ans), mais ils sont quatre!
    Très bien écrit! Du coup ce soir quand je vais partir à mon entraînement de tennis je vais partir l’esprit libre! (bon en vrai, je ne culpabilise plus depuis belle lurette de faire des trucs pour moi hein!)… encore plus libre quoi!

    Bisous (même si on ne connait pas vraiment, j’avais envie d’oser!) et continue d’écrire, j’adore!

    ps: ton garage, alors, il se vide petit à petit? 😉

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    • linspireedubocal dit :

      Dis donc, tu veux louer mon garage ?! Non, c’est rien, j’ai besoin de sous, c’est tout…
      Alors même que moi je culpabilise même pas, là tout de suite, de leur crier « chuuuuuuuuuut » pour la 36ème fois en 10 minutes, tout en tapotant ce commentaire. C’est dire !

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  2. julesetmoa dit :

    Superbe billet ! et ta conclusion pourrait s’appliquer à tellement de sujet : « jongler avec les théories sans en faire une religion »
    En ce moment j’apprends à moins parler, discuter avec mes enfants (dixit la psy) … et bien ce n’est pas facile du tout !!

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  3. Maman BCBG dit :

    « Oui, je mettais des fessées plus fréquemment quand je voulais absolument être une mère bienveillante. »

    Waou….Comme quoi, à trop se mettre la pression, ça en devient complètement contre-productif !

    Merci de ce partage 🙂

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  4. mamande4fr dit :

    L’éducation positive est un thème trés à la mode en ce moment et abordé avec un ton tres culpabilisant pour ceux qui ne la pratiquent pas.. je pense qu’il peut nous amener à réfléchir et choisir ce qui nous parle le plus, plutôt que de vouloir appliquer 100% de la théorie – ce qui est pour moi impossible (sauf de s’y dédier 24/24 et de ne plus rien avoir à faire d’autres…). La pression nerveuse avec des enfants est tellement forte, qu’il faut aussi que les parents s’en sortent à leur manière..

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    • linspireedubocal dit :

      Voilà, et j’étais le genre de mère à vouloir absolument pratiquer lesdites théories, et à m’arracher les cheveux parce que soit 1/ ça ne fonctionnait pas, soit 2/ je passais mes journées à câliner – écouter – bercer – jouer… en m’oubliant totalement ! Erreur…

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  5. Melly dit :

    Tes mots sonnent très juste ! Je suis un peu comme toi, j’aime la solitude et je savais déjà avant bébé que ça serait compliqué pour moi de m’oublier. Je sais que je ne serais jamais à 100% bienveillante avec ma fille parce que j’ai trop besoin de mes moments de tranquillité à moi et qu’il y aura forcément des fois où ses besoins entreront en conflits avec les miens et je sais déjà que parfois mes besoins passeront avant les siens. Après tout on est humaine !

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    • linspireedubocal dit :

      Oui, d’où l’existence des crêches / nounous / écoles. Oui bon, paraît que ça sert à apprendre… mais doit quand même y avoir une part de sauvegarde de l’être humain, un peu comme les réserves d’animaux, sinon il y aurait trop d’infanticide ! Sûr !

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  6. lincorrigibeimparfaite dit :

    Ce que tu dis est très vrai ! Je m’y retrouve complètement. J’ai posté aujourd’hui un article sur la maternité et la culpabilité…. celle de vouloir toujours être au top !
    Merci pour ce post. L’éducation positive a réussi à me faire burn outer… ça et mon tempérament de trop vouloir bien faire…

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  7. elisamarnet dit :

    mais tellement d’accord ! je déteste ce truc qui fait que même quand on se dit parent bienveillant, ben si un de nos actes sort de ce cadre, on en prend plein la tête. non, on est pas des machines qui emmagasinent des principes pour les recracher. exactement comme tu dis, bienveillant oui mais en pensant à soi et au fait qu’on est un être humain ! (envie de rajouter « bordelllll » lol)

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  8. Appellation Maman dit :

    Un texte qui fait un bien fou! Pendant des années je m’infligeait les mêle coups d’orties que toi et me disant que je ne devait simplement pas être faite pour être mère comparé à toutes ces « mamans soit-disant parfaites » qu’on croise partout! Bref depuis j’ai lâché prise… et bordel que ça fait du bien! À moi à eux et à mon ego de maman! Bref! Merci pour ton texte! 😉

    Aimé par 1 personne

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