Les suites de mon accouchement à la maison

Comme tout le monde, en fait.

Ou presque.

Tu te souviens, quand je te disais dans l’article sur la naissance de Mademoiselle Patate, que j’avais quand même trouvé 2 minutes pour appeler les pompiers, à poil dans la douche ?

Hé bien figure toi qu’ils ont finit par arriver ! 10 minutes après la naissance à peu près. Alors qu’on était encore en train d’admirer Mademoiselle Patate et ses grosses joues, assis sur le sol de la salle de bain. A-DO-RABLES ! C’était leur premier accouchement à domicile (à moi aussi dis donc !), ils étaient aux petits soins. Des amours te dis-je !

Ils m’ont placé sur un matelas à mémoire de forme (ou tout comme) gonflable, pas mal confortable, malgré mes protestations, puisque je pouvais parfaitement me mettre debout et que je me sentais en pleine forme. Ils ont pris ma tension, ont palpé le tractopelle aux yeux bleus tout potelé, et me l’ont piqué pour le mettre… dans la couverture du chat, celle qui traînait sur le canapé, dans le salon. Oui, bon, en même temps, faut bien immuniser la gamine, et là, ils ne pouvaient pas faire mieux !

 

ccouchement à la maison aad pompier l'inspirée du bocal

Merci à ma voisine, qui a pris cette photo !

 

Puis, est arrivée la sorcière. La garce.  Autrement dit le médecin du SAMU.

La quarantaine, blonde, hautaine et méprisante : « c’est quoi cette mode d’accoucher chez soi ? N’importe quoi ! Et après, ça va se plaindre de problèmes… Non mais ça va pas Madame, vous êtes inconsciente ou quoi ?! »

Connasse. Alors déjà, je fais bien ce que je veux. Et ensuite, j’ai même pas fait exprès. Dernièrement, tout le monde se porte à merveille, je peux danser la polka si tu veux voir ? Nan elle veut pas, par contre, elle veut bien mon placenta.

Ah. Moi je veux mon bébé.

Non, pas possible. Comment ça pas possible ?

Tu vois, en tant que mère d’un deuxième roti tout neuf, t’as pas la même hargne que pour le premier. Le premier, t’écoutes gentiment le corps médical en te disant qu’ils savent mieux que tout le monde, et de toute façon, toi, t’es un peu pommée alors tu n’oses pas trop l’ouvrir.

Pour le 2ème, quand on commence par t’engueuler et t’enlever ton précieux petit trésor, dans une autre pièce, alors qu’il ne se passe rien, t’es en droit de demander sous quel prétexte ta jouflue n’aurait pas le droit d’être dans tes bras.

Ils vérifient si elle va bien. Bah oui, elle va bien, vous vous souvenez qu’on a passé 10 minutes en tête à tête avant que 10 personnes débarquent dans la baraque, comme le GIGN ? D’ailleurs, elle pleure, tu l’entends, et toi, tu veux la consoler, lui montrer que tu es là, la couvrir d’amour dégoulinant d’hormones. Mais tu peux pas.

 

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Cette histoire a tout de même duré plus d’une heure. J’ai accouché à 16H34. Ils sont arrivés vers 16H45. On a décollé de la maison pour la maternité à 18H.

J’ai tout de même appris, durant cette heure, que j’allais bien (merci de me le dire, je n’étais pas au courant), que mon vagin allait bien (cool), que mon anus allait bien (génial), même pas de déchirure ou d’épisio (fun), que ma tension allait bien (hourra).

Au début, j’ai été sympas, j’ai commencé par demander gentiment et poliment mon paquet cadeau que j’avais tout de même galéré à faire sortir… pour finir par exiger MON bébé dans MES bras, autrement on irait NUL part et je crèverais sur LEUR putain de brancard avec un placenta infecté dans le ventre, BORDEL !

Ouais, du chantage, parfaitement. C’est moche. D’abord parce que j’aurais laissé 2 petites filles à un père traumatisé, ç’aurait été égoïste de ma part. Et ensuite parce qu’il s’agissait de ma santé, l’air de rien, et que j’aurais toujours pu courir pour câliner ma fille d’outre-tombe.

Mais, sur le moment, j’en avais rien à secouer, surtout que je me sentais parfaitement bien, et c’est la seule monnaie d’échange que j’ai trouvé pour obtenir ce que je voulais.

Devine ? J’ai gagné ! Au bout d’une heure, ils ont accepté de me re-filer mon gigot tout rose, qui commençait à rouspéter de faim. Hop, dans l’ambulance, et c’est parti mon kiki ! A partir de là, j’ai royalement ignoré la sorcière du SAMU, qui avait laissé tomber l’idée de me voler mon placenta : « ils verront ça à la maternité, ce sera plus mon problème ! ». Tant mieux, je pouvais plus voir ta tronche, de toute façon.

 

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J’ai eu mon graal !!!

 

Pendant ce temps là, l’Homme gérait les détails techniques : c’est à dire s’occuper de Princesse Casse-Bonbon, 2 ans, et grande soeur depuis peu. Appeler la famille et leur dire que j’avais pondu comme une grande, dans ses mains, et que l’oeuf se portait à merveille avec ses 3,750 kilos. Demander à Mamie de rabouler ses fesses pour qu’il puisse me tenir compagnie, pendant qu’elle gérait la nouvelle grande soeur.

Arrivées à la maternité, la garce a disgracieusement poussé mon brancard dans les bras d’une sage-femme, en la prévenant que j’étais pas facile et sans doute un peu folle. Elle ne m’a pas salué, je ne l’ai pas salué, puis j’ai été adorable avec ladite sage-femme, qui a trouvé la situation très cocace.

On m’a reprise Mademoiselle Patate, pour un énième check-up, même si je n’étais pas vraiment d’accord : elle avait faim ! Oui oui, ils vont faire vite, promis. Bon. Si c’est trop long, je mords, je vous préviens !

On a papoté, elle m’a mis du pchit-pchit anesthésiant sur ma petite fleur, m’a dit de pousser. J’ai poussé. Le placenta est sorti. En 1 minute, c’était réglé. Merci au revoir.

Tout ça pour ça, franchement !

Puis, le bébé dans les bras, direction la chambre pour un séjour traditionnel de 3 jours. J’ai retrouvé le Mâle Grincheux, traumatisé, qui se demandait comment il allait dormir après tout ça. Je sais pas. Perso je ne vais pas dormir pendant un an. Petit joueur. Il était déjà 21H. La patate était née depuis 4H30 et n’avait toujours pas bu une goutte de lait magique plein d’anti-corps de Maman.

Première tétée : bébé amorphe, fatiguée, qui s’assoupissait au bout de quelques gorgées. Nous n’étions pas dans la maternité que j’avais choisit (une petite maternité de campagne, pro nature et allaitement), mais dans une autre, plus grande dont je n’avais pas entendu que du bien. Je les soupçonnais de lui avoir filé un complément dans mon dos, d’ailleurs ils insistaient pour lui donner un biberon, puisqu’elle ne tétait pas.

Comme, tu comprends, j’étais au taquet avec les événements des dernières heures, je leur ai bien fait comprendre que ma fille n’était pas un veau, mais un être humain, que si quelqu’un lui donnait une seule goutte de lait de vache, il allait se prendre le biberon bien profond… Avec le sourire, ça passe mieux. Ou pas. Mais je pense qu’ils ont compris, ils ont arrête de venir dans ma chambre pour me proposer ce genre de choses.

PS : oui, si tu ne le sais pas encore, je suis pro allaitement et je ne conçois pas de donner du lait d’animal à mon bébé humain. A MON bébé humain. Tu fais bien ce que tu veux de TON bébé humain, je m’en contrefiche. J’avais d’ailleurs amené ma bible sur l’allaitement dans mon sac, j’ai donné quelques leçons à la puéricultrice qui racontait des âneries et envoyé bouler une sage-femme qui me parlait d’horaires. Y’a encore du chemin à faire !

Le soir même, exceptionnellement, puisqu’il était plus de 21H, Mamie et Princesse Casse-Bonbon ont, à leur tour, découvert le gros bonbon tout rose. Ma grande poulette a été adorable avec la petite poulette, voulant la serrer contre elle et la toucher en permanence.

 

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3 jours plus tard, je suis rentrée à la maison, le gigot encore plus jouflu qu’au départ, et notre vie à 4 a réellement commencé.

Je revois encore cette scène, comme si c’était hier, ce jour là : moi et le Mâle Grincheux assis dans le canapé, le bébé éveillé dans le transat, Princesse Casse-Bonbon jouant au sol tout en lui parlant, la cheminée allumée, la lumière tamisée. Tout était parfait.

Comme si la vie m’avait porté jusqu’à ce moment précis. Comme si j’avais vécu 26 ans pour être là, avec eux. Comme si je comprenais enfin que j’étais complète. Comme si avant n’avait été qu’un rêve, et que la vraie vie commençait maintenant.

Et j’ai chouiné d’un trop-plein de bonheur. On se refait pas.

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