Un trajet de 18H en voiture pour partir en vacances avec des enfants… je te vois rire d’ici !

Tu vois, Petit Lecteur, nous, on aime les défis, les risques, les meurtres sanglants les engueulades  !

On kiffe entendre nos mouflettes se disputer, parler non stop, pleurer, hurler et se plaindre. Pendant 18H dans les 2 mètres carré qui nous servent de voiture.

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Et comme on aime le danger, te dire qu’on a prévu de quoi les occuper serait nous prendre pour des bons parents.

Nan, on va partir en freestyle ! C’est bien aussi, l’aventure.

Il y a 2 ans, nous sommes partis au Portugal : départ à 4H – arrivée à 22H – arrêts pipi / manger / caca inclus.

Hé bien figure toi que c’était notre premier essai de « freestylisation » (si si, il existe ce mot, j’te jure) et que…

Suspense…

 

 

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Re-suspense (sinon ça fait pas assez de suspense).

 

 

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CA S’EST BIEN PASSE !

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Oui, tu as bien lu : 2 gosses de 2 et 4 ans pendant 18H de trajet, et quasi pas de problème ! Alors que faire 1H de voiture, d’habitude, c’était déjà le bout du monde.

Allez, elles ont commencé à devenir vraiment impatientes aux alentours de 19-20H, à pleurer par ci par là, à demander toutes les 47 secondes « quand est ce qu’on arriiiiiiiiiiiiiiiiiiiive ??? » Mais quand tu les connais (et si tu les connaissais plus petites, tu saurais qu’elles s’exprimaient déjà bien les dindes !), c’est quand même un sacré exploit.

Alors on recommence, même destination ! On est des aventuriers ! On croit en notre bonne étoile / au destin / à la chance / aux incantations Indiennes pratiquées depuis un mois à minuit bien précises pour conjurer le mauvais sort… (Non je peux pas te dire ce qu’on sacrifie, sinon tout le truc va tomber à l’eau. Attends chui pas folle = 18H de route !!!)

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Mais sinon j’aime bien le Roi Lion

Les dindes, elles sont toujours aussi impatientes en voiture : leur Mamie dinosaure (parce qu’elle a connu les dinosaures voyons !) habite à 1H de chez nous. Et au bout de 10 minutes, comme à peu près toute bonne marmaille relou qui se respecte, elles demandent la fameuse… « quand est ce qu’on arriiiiiiiiiiiiiiiiiive ? » répété toutes les 47 secondes bien entendu, des fois que ca irait plus vite.

J’ai tenté d’être prévoyante pourtant. Alors que j’étais dans un magasin de jouets bien connu, je cherchais une boite multi-mini-jeux, comme j’avais quand j’étais enfant. Ca tenait dans une mallette, pratique pour la voiture.

Si toi aussi, tu cherches ceci, sache qu’il n’y en a pas dans le magasin qui prône que la récré est grande. Non non. J’ai demandé. Dingue non ?

Tant pis. Elles joueront à compter le nombre de voitures bleues et rouges / ou noires et blanches, ça fera l’affaire.

Et à chanter l’alphabet en boucle.

Et à compter leurs doigts 158 fois.

Et à commenter tout ce que font les gens dans les autres voitures (3615 commère bonjour ?!).

Et à chanter « cho-cho-cho-chocolat ! Chocolat ! » (Wesh trop recherché !)

Et à vouloir faire pipi toutes les 22 minutes.

Et à vouloir faire caca toutes les 46 minutes.

Et à avoir très très très faim.

Et à demander « hey tu dors ? » quand tu dors (sinon, ça sert à rien).

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« Hey tu dors ??? »

Et à faire des expériences sur la force du vent vs / le doudou par la fenêtre. Oups, plus de doudou. Adieu doudou écrabouillé sur l’autoroute !

Et à pleurer, parce que le doudou est décédé. #RIP

Et à te poser 8476 questions en 18H. Chacune. Tu fais le calcul ?

Et à te demander toutes les 1 minute 30 de ramasser le truc qui est malencontreusement tombé par terre (jouet / doudou / bout de gateau / bouteille d’eau / emballage usagé servant de jeu pas cher, etc).

Et à vouloir savoir dans quelle ville on est, là. Non l’autoroute n’est pas une ville, c’est juste une route.

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Et à vouloir que tu leur tiennes la main / fasses des papouilles, parce que tu leur manques tellement à 50cm de distance. #loveforever

Et à te mettre des coups de pied dans le dos, même que c’est jamais leur faute !

Et à se disputer OF COURSE pour 1.500 raisons différentes, toutes aussi futiles les unes que les autres (à tes yeux d’adulte intelligent au gros cerveau qui relativise sur tous ces conflits sans fin) : Elle a plus de plaid que moi – c’est moi qui ait les plus beaux pieds, les tiens sont moches – elle a finit la bouteille d’eau sans me demander – elle m’a volé mon emballage usagé qui me sert de jeu pas cher – est ce que c’est vrai que vous m’aimez moins qu’elle ? – je m’en fiche parce que moi, je suis pas un gros bébé collé à sa Maman – elle veut pas me donner la main – elle veut pas me lâcher la main – elle a écrasé ma nouvelle meilleure amie, Anaïs la mouche, qui venait en vacances avec nous – elle a roté et elle a même pas dit « pardon » – elle a dit que je puais du nez – elle me fait mal aux oreilles à force de chanter (ah merci, nous aussi, mais on n’osait pas le dire !)…

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L’amour fraternel, c’est beau… Mais ça n’existe qu’à la télé. 

Ca pourrait faire l’objet d’un article tout entier, alors on va arrêter là. Si t’as des mini-humains, tu vois très bien de quoi on parle. Si t’en as pas… n’en fabrique pas, crois moi sur parole !

Mais je les aime hein… quand elles dorment.

Ah oui, c’est également une super activité qui peut les occuper : dormir.

Alors là, je t’avoue qu’on est dans le flou complet. A part le soir, tard, nos mini-humaines ne dorment pas en voiture. Elles ne font plus la sieste depuis belle lurette (Mademoiselle Patate ne siestait déjà plus il y a 2 ans, alors qu’elle avait 2 ans et demi).

En avril, nous sommes partis quelques jours en Charente Maritime, à la Rochelle, soit 5H de route. Elles n’ont pas dormit. Même pas somnolé, ni fermé leur bouche plus de 3 minutes d’affilé. Ô joie.

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Les enfants, c’est la vie #coeurcoeur

Demain soir, nous partons de nuit. Histoire de gagner un peu de silence et de calme. Au pire, on en profitera pour toujours en s’endormant au volant et en se fracassant dans un camion. Au pire. (Mamie Dinosaure ayant beaucoup d’humour sur la question de crever sur la route des vacances, je lui dédicace : peace Mamie, si ça se trouve, on sera juste tétraplégique !). Au mieux, on arrivera saoulés mais entier. Et on les filera à Mamie Dinosaure, déjà sur place, en lui rabâchant qu’on a frôlé la mort et qu’elle doit ABSOLUMENT profiter de ses petites filles adorées avant que la faucheuse ne vienne les chercher… sur le trajet du retour, 2 semaines plus tard.

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Fun non ?

Voilà. Dans même pas 48H on décolle. Comme je vois que les inquiétudes de Mamie Dinosaure t’ont un peu bousculées, et que t’as pas l’air certain qu’on ne commette pas un lâcher de gosse sur autoroute, je promet de t’envoyer un sms quand on arrive, pour te rassurer. Faut juste laisser ton num en commentaire, banane, parce que je suis pas devin !

Et n’oublie pas de dire « MERDE » pour notre survie à tous ! (Mentale comme physique).

 

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Visiblement, lui, il a pas survécu à son boulet… Petit joueur. Nous, on en a 2 !

L’éducation positive… oh fuck.

Il y a quelques jours, je suis tombée sur cet article « les limites de l’éducation positive » de La Belle Vie Family.

En voici un petit extrait :

Ce qui me dérange dans la parentalité positive c’est cette course vaine pour être le parent parfait. J’aime beaucoup cette philosophie de vie qui vise à plus d’empathie et de respect, à moins de jugement et d’agressivité mais c’est dommage que cette vision des choses ne puisse pas s’appliquer aussi aux parents. Si l’on souhaite apprendre le respect à son enfant ne faut-il pas commencer par nous respecter nous même pour lui montrer l’exemple? Finalement, comme souvent, les extrêmes sont néfastes et il faut savoir faire le tri de toutes les informations reçues.

C’est un article très vrai, qui me parle beaucoup…

On se connaît pas encore très bien, Petit Lecteur, mais sache que je tente de nager dans l’éducation bienveillante depuis que je suis devenue Maman. Depuis 6 ans et demi donc. C’est pas toujours très réussit, c’est même souvent du gros n’importe quoi, et je me suis retrouvée un nombre incalculable de fois à culpabiliser, me détester, voire me fouetter à coups d’orties, d’être une mère passable, voire même… nulle à chier.

Est ce que, toi aussi, voulant bien faire…

Tu te mets la pression, tu n’es pas à la hauteur des livres, tu culpabilises, tu t’enfermes dans une spirale où chaque soir, chaque nuit, tu te dis que tu es une mère affreuse (un père affreux ?), indigne de tes enfants… ?

Et puis, avec le temps, tu lâches prise. Tu dis fuck. Tu te résignes à être une mère moyenne, loin d’être parfaite, pleine de défauts : pleine de sa personnalité bancale et de son histoire qui n’appartient à personne d’autre.

Étrangement… Ça va mieux.

Tu deviens une mère plus cool, plus à l’écoute de toi même, sans doute de tes enfants aussi, alors que tu as arrêté de lire et de t’imposer cette image de parentalité parfaite et bienveillante. Tu as appris à t’accepter, à t’énerver sans pleurer de culpabilité pendant 3 jours, à t’excuser sans en faire des caisses, à dire à tes enfants que toi aussi, des fois, t’es de mauvaise humeur et que t’en as marre de tout, qu’être maman et élever des mini humains, c’est la chose la plus difficile que tu aies jamais faite… et dont tu es le plus fière.

Personnellement, j’ai appris à accepter et assumer mes besoins : en 2 mots, à être égoïste. Parce qu’être égoïste m’apporte plus de calme et de sérénité pour supporter ma descendance. C’est dur, mais c’est une vérité.

Cet article soulève un point important, rarement abordé dans ces nombreux livres de psychologie infantile : penser à soi en tant que personne, s’accepter, tolérer qu’on ne puisse pas coller à cette image parfaite de parent toujours à 100% à l’écoute de son enfant. Car ça signifierait s’oublier pour ne penser qu’à l’autre. Dans un monde idéal, peut-être… dans le monde d’aujourd’hui – dans le mien en tout cas – non.

Je sais que je suis solitaire, j’aime être seule, totalement seule, des journées entières. Ça a toujours été ainsi. Déjà enfant – ou ado, je ne voyais pas l’intérêt d’inviter ou sortir avec des amis : ce que j’aimais, c’était passer tout mon temps dans ma chambre, à faire ce que je voulais, sans personne pour me déranger, au calme. J’ai du mal avec le monde, et si je me retrouve dans un événement avec beaucoup de monde, tu me retrouveras bientôt à l’écart, seule.

Alors, le calme, avec 2 enfants expressifs, à qui je répète depuis leur naissance qu’elles ont le droit de crier, pleurer, être mécontentes (bref, à exprimer leurs émotions sans tabou)… Forcément, ca coince un peu avec mes besoins à moi ! Ce qui fait que leur simple présence peut me rendre dingue, parce que je manque terriblement de temps pour moi, seule à seule.

Et là, il s’avère que la mère bienveillante, qui les supporte facilement en semaine, les jours d’école, de 16H30 à 20H30… A beaucoup plus de mal à montrer son visage en juillet-août, avec 2 adorables dindes dans les pattes de 9H à 22H !

Je ne frappe pas. J’ai des accidents, ca peut arriver, je m’excuse, j’explique. Non que ce soit acceptable : mais j’ai moi aussi reçu une certaine éducation, et certaines choses sont gravées en soi, comme des messages automatiques. C’est devenu très rare depuis que j’ai lâché prise… Oui, je mettais des fessées plus fréquemment quand je voulais absolument être une mère bienveillante. Et je culpabilisais à mort pendant des lustres, déprimant sur mon incapacité à être une bonne mère.

Je ne punis pas. Je les envoie se calmer dans leur chambre quand les choses deviennent trop stressantes, trop à vif. Pour leur et ME permettre de réfléchir et faire redescendre la pression. Quand nous ne sommes plus en colère, sur la défensive, on peut se retrouver, en discuter si besoin, ou encore s’excuser.

Alors ouais, parfois, tu gueules, tu cries que tu vas les tuer si tu les entends encore se disputer pour la 154ème fois de la journée, tu peux plus les supporter, tu rêves de t’évader sur une île déserte, loin de tes mouflets. Mais 10 minutes plus tard, tu leur proposeras de faire un gateau pour faire la paix et leur rappeler que si toi tu dépasses les bornes en criant trop fort, elles aussi en se tapant dessus, qu’il faut tous faire des efforts pour qu’on s’entende un minimum.

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Mes petites relou adorées,

pataugeant dans la Loire – juillet 2017

Ca ne signifie pas qu’il faut faire n’importe quoi, ne pas s’informer un minimum, s’ouvrir à d’autres manières de faire, échanger avec d’autres parents, leur donner des astuces en retour et savoir les écouter… Mais qu’il vaut mieux jongler avec les théories sans en faire une religion, tenter d’appliquer certaines règles mais en laisser certaines, qui ne vous correspondent pas, de côté. Ca signifie simplement faire preuve d’un peu de tolérance envers soi même.

Bordel, qu’est ce qu’ils nous gavent nos gosses ! Mais on pourrait crever pour eux sans hésiter une seule seconde… et sans culpabiliser en plus.

Je suis cette mère

Je suis cette mère qui se réjouit de lâcher ses mouflets chez sa propre génitrice, pour quelques jours.

Je suis cette mère qui, en rentrant chez elle, seule, danse la lambada (si t’es trop jeune pour savoir ce que c’est, sache que tu me dégoûtes !).

Je suis cette mère qui passe devant la chambre vide de ses enfants sans même jeter un coup d’oeil. #ranafoutre

Je suis cette mère qui pleure quand les vacances arrivent et qui saute de joie quand l’école reprend.

Je suis cette mère qui est soulagée de ne plus entendre « maman maman maman maman » toutes les 32 secondes.

Je suis cette mère qui se demande souvent pourquoi elle a pondu des mouflets.

Je suis cette mère qui, lorsque ses enfants sont absents, trouve que tout est plus simple, plus facile.

Je suis cette mère qui dira au premier venu que si elle a acheté une piscine, c’est uniquement pour que ses têtes blondes se noient et que ca ait l’air d’un accident.

gif enfants noyés piscine maman l'inspirée du bocal

Je suis cette mère qui se relit et se dit qu’elle est horrible.

Je suis cette mère qui assume d’être horrible.

Je suis cette mère qui mange des chocolats, des kiris, des petits écoliers en cachette, pour ne pas avoir à les partager.

Je suis cette mère qui va prétend faire caca pendant 27 minutes juste pour échapper à ses enfants et surfer sur Facebook et Twitter.

Je suis cette mère qui se dit que si elle a fait une fausse couche, lors de sa toute première grossesse, c’était sans doute un signe du destin lui criant de ne pas se reproduire.

Je suis cette mère qui zappe les devoirs, zappe la douche, zappe le goûter… parce qu’elle avait autre chose à faire. Et qui mise sur le fait que les enfants ne vont pas s’en rendre compte.

Je suis cette mère qui se défoule beaucoup trop souvent sur ses mouflets, comme s’ils étaient des punching balls à émotions.

Je suis cette mère qui trouve que les enfants sont trop bruyants, trop sales, trop excités, trop émotifs… Trop tout.

Je suis cette mère qui travaille trop et qui répète inlassablement « j’ai pas le temps, débrouillez vous, faites comme si j’étais pas là ! »

Je suis cette mère qui leur dit que si elles se disputent encore une fois, elle en mettra une à l’orphelinat, en jouant à « plouf-plouf-c’est-toi-que-j’abandonnerais-au-bout-de-trois-un-deux-trois ! »

Je suis cette mère qui leur crie de dormir et de faire de beaux rêves, putain de bordel de merde, sinon ils finiront dehors dans la niche du chien.

Je suis cette mère qui assume d’être horrible (bis).

Je suis cette mère qui déteste jouer, qui s’ennuie au bout de 40 secondes et qui trouve des excuses pour s’échapper le plus vite possible.

Je suis cette mère inconsciente, qui les laisse marcher au bord d’un étang ou qui les laisse dans la voiture le temps d’aller déposer une enveloppe à la Poste.

Je suis cette mère qui ne les écoute pas, occupée, et répond « hmm hmm » de manière régulière.

Je suis cette mère qui ne veut pas d’autre enfant, parce que ceux-là la rendent déjà complètement dingue.

Mais…

Je suis aussi cette mère qui les regarde dormir en leur caressant les cheveux, chaque soir, avant de se coucher.

Je suis aussi cette mère qui passe des heures en cuisine pour leur faire des tas de gâteaux.

Je suis aussi cette mère qui leur lit des histoires chaque soir avant de les coucher, et qui aime ca.

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Je suis aussi cette mère qui met la musique à fond et saute comme une folle avec ses filles déchaînées.

Je suis aussi cette mère qui organise sa vie et son emploi du temps en fonction de ses enfants, son centre du monde.

Je suis aussi cette mère qui leur dit 15 fois par jour qu’elle les aime.

Je suis aussi cette mère qui a lu x livres de pédo-psy pour tenter de mieux les comprendre et d’être une meilleure personne pour elles.

Je suis aussi cette mère qui se demande pourquoi ses enfants l’aime, tellement elle est nulle, tellement elles sont merveilleuses.

Je suis aussi cette mère qui leur achète des babioles, sans raison, juste pour les voir sourire.

Je suis aussi cette mère qui culpabilise, encore et pour toujours, de ne pas être à la hauteur.

Je suis aussi cette mère qui voudrait tuer le moindre petit insecte qui oserait leur faire du mal.

Je suis aussi cette mère qui a l’air cool, sereine, confiante, mais qui n’en a que l’air, parce qu’elle peut passer des heures éveillée la nuit à cogiter.

Je suis aussi cette mère qui les prend en photo chaque jour, pour capturer le moindre petit instant de bonheur.

Je suis aussi cette mère qui voudrait leur donner des frites et des nuggets à tous les repas pour leur faire plaisir, mais qui leur donne plutôt des légumes bio cuits à la vapeur.

Je suis aussi cette mère qui les admire rire, jouer, innocentes et belles comme des coeurs, en oubliant tout le reste l’espace d’une seconde.

Je suis aussi cette mère inquiète de les voir grandir et de les perdre.

Je suis aussi cette mère confidente, qui a droit aux commérages de l’école et aux premières histoires d’amour.

Je suis aussi cette mère qui regarde en arrière et qui trouve que le temps est passé vite, beaucoup trop vite, et qui regrette de ne pas avoir plus profité de ses bébés.

Je suis aussi cette mère qui ne veut pas d’autre enfant, parce que ceux-là remplissent déjà entièrement sa vie.

Je suis aussi cette mère qui se souvient comme si c’était hier de leurs premiers jours à 4, qui regarde ses deux poupées, et qui pense toujours que sa vie est celle qu’elle devait être, parfaite, complète.

Je suis aussi cette mère qui, petite, rêvait de rencontrer un amoureux jeune, d’avoir deux beaux enfants, une maison, un chien… Et qui a tout.

Je suis cette mère pleine de défauts, pleine de contradictions, pleine de remords, pleine d’amour, pleine d’elles…

Je suis toutes ces mères à la fois.

Une maison neuve… un an après

Cette maison, cette construction, est née dans notre esprit début 2016. Autrement dit… il y a des siècles !

Nous cherchions vaguement à devenir propriétaires, tout en nous rapprochant de nos emplois respectifs. Nous étions locataires, dans un minuscule village, perdu au fonds d’une impasse, au beau milieu des champs, avec la forêt à proximité. Des ânes en face de nos fenêtres de salon, le coq des voisins qui chantait tous les matins, la mare sur laquelle se couchait le soleil… C’était le bonheur, et une tranquillité absolue.

Mais rien ne nous tentait vraiment : trop petit, trop en ville, pas assez lumineux, trop vieux, pas assez de chambres, trop de choses à prévoir… Nous avons fait quelques visites, pas franchement convaincus.

Nous avons rapidement songé à faire construire : du vierge, où tout était à faire, et en même temps un endroit où nous serions tranquilles pour des années, avec des normes récentes, une isolation parfaite.

Côté budget, c’était kif-kif (si on estimait le coût des aménagements et travaux à réaliser sur une maison ancienne), sauf que du côté de la construction, on avait du neuf, tout de suite, et rien à faire à part poser nos valises !

Nous les travaux, c’est pas notre truc : concrètement, on n’y connait RIEN. Passer un coup de peinture, passe encore, mais au delà, on est perdu !

Nous voilà, début 2016, allant de rendez-vous en rendez-vous, auprès de différents constructeurs. Certains plus à l’écoute que d’autres.

En un mois de temps, nous avons choisit notre futur terrain et notre future maison, avec des plans aménagés à notre convenance. Début mars, nous signions le contrat de construction.

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Notre future maison 3D

 

Et puis… en juin, j’ai eu peur. J’étais dans mon jardin, dans notre location, par une belle soirée d’été, j’écoutais les oiseaux chanter, et je ne voulais rien changer. Rien. Je voulais rester là.

C’était ici que Princesse Casse-Bonbon avait fait ses premiers pas, dit ses premiers mots. C’était dans cette salle de bain que Mademoiselle Patate avait poussé son premier cri.

Je me souvenais encore de ma visite, en avril 2011 : ca avait été un coup de foudre. J’avais été la première à visiter cette maison, et je la voulais ! Une ancienne fermette rénovée, grande, lumineuse, avec 3 chambres immenses, une cheminée, des poutres, du carrelage ancien… Nous fuyions la région Parisienne, où nous avions passé 3 ans, pour revenir dans le Loiret, là où nous avions passé le plus clair de notre existence. Même si nous ne connaissions pas vraiment ce coin là, nous n’étions pas très loin de nos familles, de nos repères.

Princesse Casse-Bonbon avait 6 mois, lorsque nous avons emménagé. Elle avait grandit là-bas. Tout comme sa petite soeur, née sur place. Elles avaient leurs habitudes, leurs amis… et moi aussi.

Je ne voulais plus partir, même si ca signifiait faire 1H de route, matin et soir, pour aller travailler. Ca m’était égal. J’étais habituée. Et si on faisait construire ici, dans ce tout petit village ? C’était possible, non ?

Non. C’était trop tard. Tout était signé, le prêt, le contrat de construction, le compromis de vente du terrain.

J’ai eu du mal à l’accepter. On avait foncé trop vite, sans réfléchir. En tout cas, pour ma part. On allait vivre à 30km de là, dans un coin où je n’avais jamais mis les pieds auparavant, pour se rapprocher d’un emploi… que je quitterais en décembre 2016, alors que la construction avait débuté en octobre !

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Notre future maison – janvier 2016

 

Chaque mois, nous passions dans ce village pour voir notre future maison s’élever. Ca ne me faisait rien. J’avais l’impression qu’il s’agissait de celle d’un autre, pas la mienne. Je ne me suis pas investie, je ne cherchais pas à voir chaque détail, à me projeter dedans. Je n’avais aucune idée de quelle serait la chambre conjugale : ca m’était égal.

Le 13 juillet 2016, nous avions les clés. Nous étions propriétaires de notre maison, faite sur-mesure.

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13 juillet 2016

 

Tout de suite, nous nous sommes mis à l’oeuvre : poncer, peindre, nettoyer, installer la cuisine, pendant plus d’un mois. Nous venions, chaque jour ou presque, pour pouvoir l’habiter avant la rentrée scolaire.

Nous n’avions pas pensé aux extérieurs, qui sont devenus un souci : la maison sur-élevée par rapport au jardin, le manque de terre, aucune allée, pas de cloture pour nos 2 toutous, l’évacuation des eaux pluviales à notre charge…

Je pleurais parfois, seule, dans ma voiture, lors des nombreux aller-retours. Elle était chouette cette maison toute belle toute neuve, c’est vrai… Mais elle n’avait aucun charme. Elle était trop blanche, trop lisse, sans vie, sans histoire. Elle ne me parlait pas, elle ne me plaisait pas. Elle était bien sur catalogue. Pour les autres. Pas pour moi.

Il a fallu assumer Princesse Casse-Bonbon, bientôt 6 ans, qui était encore plus enchantée que moi à l’idée de déménager : elle pleurait souvent, elle refusait l’idée de quitter son école, ses copains, sa chambre, nos voisins… hors de question !

Je la motivais, je lui décrivais tous les avantages de ce nouveau lieu, avec l’école à 400 mètres, les nouveaux amis qu’elle allait se faire, la chambre qu’elle pourrait avoir de la couleur qu’elle voudrait… Elle n’en démordait pas.

Moi non plus, à vrai dire. J’en parlais un peu au Mâle Grincheux, qui lui, était ravi par cette maison et ne comprenait pas comment je pouvais rejeter ce qu’on avait crée ensemble. Il n’avait pas tord, et je ne savais pas non plus pourquoi. La peur de l’inconnu, sans doute.

Nous avons déménagé fin août 2016, on mourrait de chaud, nous n’avions pas encore l’électricité. Je ne ressentais aucune excitation, aucune exaltation, j’étais agacée même, par cette maison trop petite, remplie de cartons et de bordel, entourée de voisins, avec toutes ces voitures passant sur la départementale, juste derrière, tous ces bruits auxquels je n’étais pas habituée…

Début septembre, nous avons passé plusieurs jours à nettoyer la location qui était notre chez-nous depuis plus de 5 ans : ca a été dur. Dur d’imaginer ne plus revenir. Dur d’imaginer d’autres gens vivre heureux ici. Dur de laisser tous nos souvenirs derrière. Chaque endroit, chaque trace avait une histoire… je n’étais toujours pas prête à laisser cette maison derrière nous, mais je n’avais pas le choix. J’ai pleuré, et c’était terminé.

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Une dernière photo de notre maison, pendant 5 ans et demi

 

Le rangement s’est fait peu à peu. La décoration a pris du temps, le budget ne suivant pas forcément. Je me réveillais, certains matins, et je me demandais où j’étais, avec cette fenêtre trop près du lit, je me sentais oppressée… et puis je me souvenais : la nouvelle maison.

Je me suis rapidement faite aux pièces de vie, là où je passais le plus clair de mon temps : ma pièce de travail, le salon, la cuisine. J’étais même ravie de cette pièce dédiée à mon activité. Avant, je n’en avais pas, tout était dans le salon, dans un bazar monstre, à la vue de tous. Mais l’étage m’était inconnu. Encore maintenant. Je n’aime pas ma chambre. C’est juste un endroit pour dormir.

Les premiers mois ont été difficiles pour tout le monde, là où ca devait être un nouveau commencement : Princesse Casse-Bonbon a très mal vécu le changement, sa nouvelle école. Elle pleurait, chaque soir, refusant de dormir, refusant de retourner à l’école, cet endroit qui ne comportait que des inconnus : elle voulait retourner dans sa maison, celle où elle avait grandit.

Le Mâle Grincheux, qui ne supporte pas le bazar, a été littéralement invivable pendant des semaines… des mois même. Tout était sujet à crier, râler, critiquer.

En plus, nous avions un chiot, ce chien Déglingo, âgé de tout juste 4 mois. Et entre eux, le courant n’est pas passé. Mais alors PAS DU TOUT. C’était pourtant lui qui m’avait offert cet adorable toutou pour mes 30 ans, un chiot de nos voisins, que nous avons vu naître et évoluer, et qui s’est intégré petit à petit chez nous, en douceur.

Mais le Chien Déglingo, du haut de ses 4-5 mois, n’avait rien de doux. Il mangeait tout, faisait ses besoins partout, volait, sautait, salissait, mettait encore plus de bordel… Il mordillait même l’escalier, les coins de mur, le carrelage. La clôture n’a été installée qu’en décembre, il fallait sortir, attacher, rentrer, nettoyer, et ca toutes les 2H maxi. Alors forcément, à côté de notre vieux chien de 12 ans, qui avait toujours été d’un calme olympien, ca détonnait. Et avec le Mâle Grincheux, ca pétait souvent. Très… trop souvent.

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Le petit Chien Déglingo de 4 mois et notre vieille mémère de 12 ans

 

Le bazar et le chien ont donc été un sujet de dispute récurent, pendant des mois, accompagné de Princesse Casse-Bonbon qui nous faisait savoir, dès qu’elle le pouvait, qu’elle détestait cette maison et ce village.

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Princesse Casse-Bonbon, 5 ans et demi, malheureuse

 

Dans ce joyeux merdier, Mademoiselle Patate entrait en petite section de maternelle, du haut de ses 3 ans et demi, guillerette et enchantée. Il y en avait au moins une qui n’était pas perturbée le moins du monde.

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Mademoiselle patate, 3 ans et demi, heureuse

 

L’hiver arrivait, l’humeur ne s’arrangeait pas vaiment, les températures baissaient… notre vieux toutou est décédé, une dizaine de jours avant Noël. Gros coup dur pour le moral.

Le jardin, c’était juste un extérieur. Un espèce de champs inutile, qui servait simplement de toilettes au Chien Déglingo. C’était vide, c’était triste, c’était moche, je n’y mettais jamais les pieds.

Et puis le printemps… le soleil a fait son retour, la bonne humeur, des idées d’aménagement aussi : et si on faisait une jolie terrasse ? Une allée digne de ce nom ? Oh, et des arbres fruitiers, ce serait génial ca ! Des rosiers aussi, c’est joli… Il faudrait qu’on fasse un potager, comme avant, avec plein de tomates et de courgettes. Et un salon de jardin en palettes ? Et une piscine, ce serait chouette, une piscine ?

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Bain de minuit

 

Nous avons investit l’extérieur, ces herbes folles inutiles ont pris un sens. A force de s’y promener, d’y réfléchir, de l’imaginer… il a pris forme. Tout n’est pas parfait, ce n’est pas tout à fait achevé, mais ca ressemble à quelque chose. Un jardin, avec de la vie dedans.

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Le salon de jardin, sur la terrasse

 

Notre maison ressemblait à quelque chose. Elle commençait à vivre, réellement, à avoir du sens, à être habitée par ses habitants.

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Peut-être que c’était ca, finalement, son problème : ne pas avoir d’histoire, n’être que des murs et un toit… sans âme. Là où nous avions déjà construit une belle histoire à 4, cette maison m’a donné l’impression d’effacer le passé.

J’écris ceci en maillot de bain, sur ma terrasse, je surveille d’un oeil les filles, qui barbotent dans la piscine.

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Depuis un an, on crée un passé, au milieu de nouveaux murs, qui s’imprègnent d’une nouvelle histoire.

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Et je n’ai plus envie de partir, plus envie de changement. Je suis bien. Dans ma maison.

Cette journée de merde. Ce trop.

J’écris cet article à chaud, à vif. Je ne sais pas où je vais me diriger. Ni même si j’appuierais sur « publier ».

Il y a des jours où trop, c’est trop. Tu te lèves, et tu sais que ce sera une putain de journée de merde. Aujourd’hui est une belle journée de merde. Il fait beau, déjà chaud, et t’as déjà pleuré 2 fois. Il n’est que 9H36, c’est dire si ca commence bien.

Ca fait des jours que tu rages intérieurement. Voire des semaines.

Tu te lèves, vas réveiller tes enfants : comme d’habitude, les filles sont crevées, geignent qu’elles ne veulent pas se lever. Faut dire qu’elles font la foire jusqu’à 22H, se relèvent, discutent, se marrent… ça n’aide pas.

Tu vas dans le salon et trouve m=tes chaussures préférées déchiquetées par le chien déglingo. Tu les avais acheté au Portugal il y a 2 ans en vacances, une petite somme (toi qui ne met jamais plus de 15-20 euros dans une paire de pompes…), t’avais complètement craqué dessus.

Tu hurles sur le chien déglingo, le fous dehors et te mets à pleurer. Tu déjeunes pas, trop triste, endeuillée par la perte de tes sandales compensées multicolores chéries. Tu regardes tes enfants manger, avec le nec qui coule et les yeux larmoyants.

C’est d’une tristesse. Pas la perte de tes chaussures hein. Non non : cet état là, de larve, à cause de trucs qui te servent juste à marcher. Comment t’en arrives là ? Est-ce que ta vie est si pitoyable que ca ? Bordel, t’as tout pour être heureuse !

Tu regardes autour de toi. Tu constates que c’est dégueulasse. Partout. Va falloir que tu passes l’aspirateur et laves dare-dare. Tu pleures de plus belle. T’as l’impression d’être une boniche. Littéralement. Tout le temps.

Tes filles de 4 et 6 ans te consolent en disant que ca va aller, qu’on trouvera d’autres chaussures. C’est pas les chaussures le problème.

Tu endures une énième crise de Mademoiselle Patate qui veut pas mettre sa tenue de la veille, mais veut une robe. Tu lui expliques pour la 143ème fois en une semaine que Maman a autre chose à faire de sa vie que des machines, et qu’il est hors de question de mettre à laver des fringues propres, sachant qu’il y a déjà 3 tenues qui traînent dans la salle de bain, mises seulement quelques heures. Elle s’en fiche, elle pleure, elle hurle que t’es méchante.

Tu te retiens, très très fort, de pas hurler à ton tour, de résister contre ton envie de « juste » lui en coller une, là tout de suite. Tu es anti violence, ca ne résoud rien, on ne frappe pas un enfant, ce n’est pas de l’éducation, c’est de la faiblesse. Et qu’est-ce que tu te sens faible, à cet instant. Tu résistes, tu résistes tous les jours, parce que tu es violente, tu le sais, tu l’as compris il y a des années, tu as grandit avec ca, et c’est dur, tellement dur, d’y résister… Tu es nulle. T’aurais jamais dû donner la vie. Tu les mérites pas. Mère en carton.

Tu sors de la salle de bain, vas souffler dans ta chambre, tu retiens tes larmes.

Tu es calmée, elle aussi, elle s’habille en faisant la tête, mais elle s’habille.

Tu les emmènes à l’école, la plupart des gens te disent bonjour, tu réponds en souriant. Intérieurement, tu voudrais ne voir personne, juste te débarrasser de tes gosses et te sauver, être tranquille, être seule.

Enfin, ca y est, tu rentres à pied à la maison. Tu vois l’état de l’herbe dans le jardin… qui devient un champ. Tu te dis qu’on dirait une maison de cas sociaux, alors que vous êtes tout juste propriétaire. Tu sors la tondeuse, qui est dans un sale état. Le manche se barre. Tu le scotches pendant 10 minutes, persuadée que ca ne risquera pas de bouger. Tu fais un mètre : le manche se barre. Tu insultes la tondeuse et lui mets un coup de pied, sous les yeux de l’artisan du voisin, qui fait semblant de ne pas te regarder. Tu t’en fous. T’as envie de l’insulter aussi, même si tu ne le connais pas et qu’il n’a rien fait.

Tu démarres la tondeuse, qui cale sans arrêt. Avec le manche qui te reste dans les mains. Avec la lame qui se coince à chaque cailloux.

Tu l’insultes encore, tu lui remets un coup de pied. Au cas où ca la motiverait ! On peut pas taper les gamins, mais les tondeuses, ca passe… non ? Tu abandonnes, tu grognes de rage, tu pleures, tu rentres en claquant la porte et ce que tu vois à l’intérieur n’arrange rien. C’est toujours dégoutant, l’aspirateur attend depuis une semaine que tu le passes, mais t’es tellement dépassée que tu zappes… Tu cours partout.

T’en veux au monde entier. Tu repenses à l’article sur la charge mentale. A la dispute que vous avez eu le soir même, avec le Mâle Grincheux. Parce que, comme prévu, il estimait qu’il en faisait autant que toi, que tu ne te rendais pas compte, que tu te plaignais sans raison. Tu lui as énuméré ce qu’il ne faisait pas, ce à quoi il ne pensait jamais. Et ce fameux, ce déchirant, ce putain de « oui mais toi tu es à la maison ».

Cette phrase, tu l’entends trop, t’en peux plus, t’as envie de te transformer en chien rageur quand il la prononce. De lui sauter à la gorge. Tu prends sur toi. Depuis des mois. Quand tu bossais à l’extérieur, ca se sentait moins, ca se voyait moins, on se reposait moins sur toi.

En fait, la pression ne vient pas tellement de l’extérieur… mais de l’intérieur même de ton foyer. Et tu craques. Seule. Quand personne ne peut le voir.

Tu passes l’aspirateur, les larmes aux yeux, de n’être que ca : la boniche de la maison qui travaille quand elle a le temps. Tu penses aux jours précédents : à ton anniversaire, samedi, où tu as couru dans les magasins, à la ferme, où tu as fait à manger, midi et soir, où tu as déposés tes filles à un anniversaire à 30km de la maison, quand elles ont pété un scandale pour une broutille, où tu as (encore) pleuré parce que tu avais l’impression que leur seul but était de te faire craquer… où tu as enfin pu te poser tranquillement à 21H.

Tu rigoles. Tu rigoles tellement cette journée était d’un banal affligeant. Après tout, ton anniversaire est une journée comme une autre, les habitants de ton foyer n’allaient quand même pas faire des efforts.

Tu te dis qu’il faut passer la serpillière aussi, qu’il y a des traces sur le carrelage. Tu te dis que l’homme avec qui tu partages ta vie pourrait le faire aussi. Mais il ne le fera pas. Il en fait bien assez. Et puis il travaille, lui, il n’a pas le temps. Il a besoin de se reposer. C’est pour ca qu’il passe 3H devant des séries chaque jour. Il est fatigué, il ne peut pas tout faire.

Depuis quelques temps, quand tes filles te demandent des choses pendant que toi, tu fais semblant de bosser dans ton atelier, tu leur réponds qu’elles peuvent demander à Papa. Ben non, Papa, il est au travail.

Ah mince… ET TOI TU FAIS QUOI LA ?! DU TRICOT ???? TU TE FAIS LES ONGLES ? TU ADMIRES LE PAYSAGE ? NAN, TU BOSSES BORDEL !!!

Ca a marché… allez, 2 jours. Tu leur as même proposé d’appeler ledit Papa, pour qu’elles lui demandent d’habiller la barbie, de déshabiller le bébé, de descendre la poussette de la chambre, d’essuyer une paire de fesses, d’arréter leurs 24 disputes par heure, lui annoncer qu’elles meurent de faim (2H après le repas), etc…

Tout le monde s’en fout pas mal. Tu devrais glander royalement, pour voir. Passer ta vie devant des films à l’eau de rose tiens. Le cul sur le canapé, les pieds sur la table basse, regarder la poussière voler, l’herbe pousser. C’est tentant.

Tu ne passeras pas la serpillère. Mode rebel activé.

T’en fais une bonne rebelle, tiens…  Tu pourrais travailler 7H par jour et gagner des clopinettes, ne rien foutre les autres heures. Juste être là, t’ennuyer, ne rien faire. Te débiliser devant la télé.

Mais ca fait des années que tu n’y arrives plus. Même quand tu regardes un film, tu es en même temps sur ton téléphone à répondre à des mails, ou faire des commandes, ou bidouiller tes boutiques en ligne ou retoucher des photos…  Tu ne supportes pas cette sensation d’être une larve, les yeux rivés sur un écran, à laisser le temps filer alors que tu pourrais être utile. Lire 2 livres par an est tout ce qu’il te reste. Les seuls moments où tu ne fais réellement rien, c’est quand tu es en vacances ou invitée, que tu n’as pas le choix que de te laisser vivre.

Tu avais vu une psy, en 2015, à qui tu parlais alors de tes projets professionnels. Elle t’avait mise en garde contre ce que cela représentait : que beaucoup de travailleurs indépendants, en particulier les femmes, travaillaient beaucoup, trop, tout en voulant en faire autant, voire plus chez eux, et que qu’il y avait beaucoup plus de burn out que chez les salariés. J’avais rigolé, dit que ca n’arriverait jamais, que je ne serais pas comme ca. Elle m’avait répondu de penser à moi, car j’étais de ces personnes qui veulent tout mener de front, tout assumer, tout faire parfaitement… et pour qui ne pas y arriver est synonyme d’échec.

J’ai besoin de vacances, besoin de ne rien faire. Elle avait raison : j’ai l’impression de tout commencer, de ne rien finir, de tout échouer, de ne pas être à la hauteur.

Mais là, à 10H15, je dois surtout aller travailler, en ignorant le sol toujours aussi crado, ignorer mes chaussures déchiquetées que je n’ai pas le courage de jeter, ignorer mon mal de crâne d’avoir pleuré comme une gamine, ignorer que dans 1H je vais devoir préparer le repas, aller chercher les enfants à l’école, accepter qu’elles fassent la tête et critiquent ce qu’on mange, aller chercher Papa au travail (qui n’a plus de permis), tenter de travailler sans qu’elles m’interrompent trop (vive le mercredi)… et faire semblant que tout va bien. Comme chaque jour.

Alors tu valides cet article ou pas… Tu sais que tu vas te payer une engueulade de toute manière, avec ou sans, tellement tu es à fleur de peau (et parce que tu vas probablement avoir tes règles dans quelques jours, après tout tu restes une femme débordante d’hormones !). Je tente. Tant pis. Bonne journée de merde à tous !

 

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Lessive maison – tuto et résultat

Il y a 4 semaines, je me suis lancée dans la recherche de recettes « fait maison » pour divers produits de la maison, notamment un essentiel : la lessive.

Une envie d’écologie, de naturel, mais aussi d’économie… avec un certain rejet des produits industriels, bourrés de substances cracra aux noms incompréhensibles.

J’ai donc testé l’une des recettes fournies sur le groupe Facebook « gestion budgétaire, entraide et minimalisme », qui fourmille d’idées.

J’ai ensuite fait des repérages sur deux sites bien connus dans le domaine du naturel et du bio : aroma-zone et greenweez. Mise au panier de divers produits nécessaires à la confection de mon petit bazar… et une semaine plus tard, j’avais le nécessaire à l’entretien courant de toute la maison :

  • vinaigre blanc
  • bicarbonate de soude
  • percarbonate de soude
  • etc etc…

produits d'entretien maison naturels l'inspirée du bocal

Pour réaliser la lessive, j’ai eu besoin de :

  • 1 litre d’eau
  • 50 grammes de savon de Marseille râpé, si possible sans huile de palme et limité en glycérine (pas simple à trouver, je vous l’accorde !)
  • 1 cuillère à soupe de bicarbonate de soude
  • 15 gouttes d’huile essentielle au choix : j’ai choisit eucalyptus, pour la senteur et ses propriétés anti-virales.

Si vous avez un robot de cuisine, ce sera plus simple pour râper / mixer votre savon en miettes. A la main, c’est fastidieux, mais avantage : vous travaillez vos biscottos tout en étant utile !

J’ai mis les paillettes de savon dans le robot, à puissance maximale :

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Et voici le résultat :

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Faites bouillir l’eau puis ajoutez le savon. Mélangez jusqu’à dissolution complète.

Ajoutez ensuite le bicarbonate, puis les gouttes d’huile essentielle. Les HE ne sont pas indispensables, l’odeur n’est présente que lorsque le linge est humide, et s’évapore au séchage.

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Le résultat est liquide, translucide.

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Voilà, c’est prêt ! C’est simple, non ?

En gros, ca prend 10 minutes, et vous êtes tranquille pour un mois. Personnellement, j’ai fait 3 litres dès le départ : au bout de 3 semaines, pour une famille de 4 personnes, j’ai à peine utilisé un quart de la préparation.

Côté posologie, on préconise un demi verre de lessive home-made dans le bac habituel. Pensez donc à prévoir un contenant à large ouverture et pas trop profond, pour vous servir facilement. Personnellement, j’ai tout simplement récupéré un petit seau avec couvercle… qui contenait auparavant les gourmandises du chien !

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Attention, la lessive sèche et devient compacte en refroidissant. Il suffit de la mixer une fois refroidie : la lessive se liquéfiera de nouveau, mais restera épaisse. Ca n’a aucune incidence. Au besoin, secouez le contenant de la lessive avant utilisation.

Résultat après 3 semaines d’utilisation : ca lave !

Bon, c’était le but, pas vrai ?!

Bon, les premières fois, le linge sentait encore la transpi, nous n’étions pas convaincus. Il faut dire que nous avons une machine de 8kg (les traditionnelles font plutôt 5kg), donc plus de contenu que la normale. Nous avons augmenté la posologie à 3/4 de verre par machine, le souci était réglé.

Côté adoucissant, si vous en utilisez, c’est très très simple… Du vinaigre blanc mélangé à de l’eau : environ 60% d’eau et 40% de vinaigre, dans le bac prévu pour l’adoucissant. Encore une recette naturelle très simple !

La femme et sa charge mentale, en 2017, on en est où ?

Avez-vous vu les dessins d’Emma sur la charge mentale des femmes ? C’est intitulé « fallait demander ».

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Si oui, vous savez immédiatement de quoi je parle. Si non, je vais vous l’expliquer, tout en partageant des extraits de sa BD sur le sujet.

Comme vous le savez probablement tous, même si les mentalités évoluent, les femmes s’occupent globalement plus des tâches ménagères et des enfants que les hommes. Ne hurlez pas. J’ai dit globalement. Statistiquement. Bien sûr, chez certains couples, il y a l’égalité, voire l’inversement des rôles. Ca existe. Mais ce n’est pas la norme. Personnellement, et là, je ne parle pas de généralité mais de faits : je ne connais AUCUN couple où il y a parité. La femme fait son « boulot » de femme, partout où je regarde. Que ce soit dans ma famille, mes amis, mes anciens collègues, mes connaissances…

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La charge mentale n’est pas le fait de faire, au sens propre. Nous faisons certes, mais en amont… nous pensons à ce que nous devons faire. Et ca, c’est encore un boulot à part entière, que les femmes supportent (STATISTIQUEMENT j’ai dit !).

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C’est un boulot de patron, de superviseur. On peut certes critiquer les patrons, c’est à la mode en ce moment… N’empêche, à part dans les toutes petites entreprises (ou chez les gentilles créatrices qui bossent chez elles) ou l’on gère tout de A à Z, le patron a un rôle de penseur. Il ne peut pas tout faire, il ne peut pas tout gérer, il ne peut pas tout maîtriser, il délègue à ses salariés.

En tant qu’auo-entrepreneur, je le réalise que trop bien ! Les 35H sont bien loin, je travaille plutôt le double, car tout gérer, seule, c’est prenant, TRES prenant. Je ne compte pas les heures où ma charge mentale professionnelle me réveille la nuit… !

Et ma charge mentale de femme, alors ?

Dans les ménages, la femme est à la fois le patron et  le salarié. Elle a généralement un co-salarié (espérons-le !), mais pas de co-patron… Pourtant, ce n’est pas son travail, sauf que ces tâches sont vues comme normales, naturelles. Mais pas du tout reconnues.

Lorsqu’une femme se plaint (ô malheur), qu’elle en a raz le bol, on lui reproche alors de ne pas avoir fait appel à de l’aide plus tôt : « mais pourquoi tu ne me l’as pas dit ? Je l’aurais fait ! Si tu me dis pas, je peux pas deviner ! »

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Non mais, attendez… demander de l’aide, pourquoi ? Pour s’occuper du repas de la famille ? De ranger le linge de la famille ? De nettoyer la maison de la famille ? Pourquoi devrait-elle appeler au secours, alors que c’est ELLE qui aide la famille ? Et le reste de la famille, là dedans… ?

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Je retourne la question : pourquoi est ce que les autres membres de la famille estiment normal qu’elle fasse tout ? Pourquoi est ce que les autres membres de la famille n’aident pas  / ou peu / ou moins au fonctionnement du foyer ? Pourquoi  devraient ils attendre qu’on leur demande leur aide… alors qu’il est NORMAL qu’ils en fassent autant que la femme ?

Je suis une femme. Je ne suis pas soumise. J’ai hérité de féminisme de par ma génitrice (merci Maman). Je dis ce que je pense à mon Homme. Il aide aux tâches ménagères et s’occupe autant des enfants que moi.

Euh attendez une minute… il aide aux tâches ménagères ? Il aide… ? Merde.

 

Je réfléchis. Est-on égaux ? Fait-on les choses à parts égales ? La charge mentale nous incombe-t-elle à égalité ? La question est réglée en approximativement 5 secondes : non.

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Dans les faits, quand je compare (dans MA vie A MOI qui n’est pas la vôtre, ni celle de la plupart des gens), je n’ai pas à me plaindre. Lorsque je discute avec d’autres femmes, avec d’autres mères, je fais généralement parties de celles « qui ont de la chance ». Et je me sens fière de mon Mâle Grincheux.

On me dit, le regard émerveillé :

  • Ton Homme se lève la nuit ?!
  • Ton Homme sait changer des couches et préparer des biberons ?!
  • Ton Homme passe l’aspirateur ?!
  • Ton Homme sait comment fonctionne le lave-linge et étend des machines ?!
  • Ton Homme fait les devoirs avec votre fille ?!
  • Ton Homme emmène vos enfants faire des activités ou se promener sans que tu sois là, et avec plaisir en plus ?!
  • Ton Homme fait un potager ?!
  • Ton Homme sait faire cuire des steaks hachés et des pâtes ?!
  • Ton Homme peut garder vos enfants pendant 2 jours, alors que tu es absente ?!
  • Ton Homme lit des histoires et jouent avec les enfants ?
  • Ton Homme sait les doucher et les mettre en pyjama ?
  • Ton Homme a fait les impôts pour la première fois de sa vie à 31 ans, sans ton aide ?! (clin d’œil !)
  • Et en plus ton Homme travaille à temps plein ?!

Wooouuuaaaah, quel Super Mâle Parfait ! La chaaaannnnnce ! Mais tu l’as trouvé où ? Comment t’as fait pour l’éduquer comme ca ? Tu le payes en levrette combien de fois par semaine ? (Oui logique, il devrait avoir une contre-partie, avec tout ce qu’il fait, le pauvre !)

Le hic – car oui il y a un hic – c’est que personne ne me dit, le regard émerveillé, à moi :

  • Tu te lèves la nuit ?!
  • Tu sais changer des couches et préparer des biberons ?!
  • Tu sais passer l’aspirateur ?! Et la serpillère ?! Et tu fais les vitres ?! Mais aussi les poussières sur les meubles ?! Et tu laves le micro-ondes et la plaque de cuisson plusieurs fois par semaine ?! Ainsi que l’évier, le lavabo, et la baignoire ?!
  • Tu sais comment fonctionne TOUS les appareils électro-ménagers de votre maison ?!
  • Tu fais les devoirs avec ta fille ?!
  • Tu emmènes vos enfants faire des activités et se promener, sans ton Homme ?!
  • Tu fais la cuisine 90% du temps ?! Et des gouters ?! Et des desserts ?! Et les repas de famille pour 20 personnes ?!
  • Tu fais toujours les courses seule en réfléchissant aux menus et en regardant ce qu’il manque ?!
  • Tu gardes tes enfants pendant que ton Homme est au sport / au travail / en vadrouille ?!
  • Tu lis des histoires à tes enfants et réfléchis depuis toujours à l’éducation que tu veux leur donne, en consultant ton Homme pour avoir son avis ?!
  • Tu leur achètes des vêtements, les trie par taille dans les cartons quand c’est trop petit, changes leur garde-robe au gré des saisons, ranges tous leurs habits dans l’armoire, leur choisis des tenues chaque jour et lave les culottes à la main quand tu n’as pas eu le temps de faire de machine ?!
  • Tu t’occupes seule de toute la paperasse, de la sécu à la CAF, aux papiers de la maison et des impôts depuis que vous vivez ensemble ?! Ah pardon, pas les impôts de 2017, oups !
  • Tu es parent d’élève ?!
  • Tu t’occupes de la déco et du mobilier ?!
  • Tu organises les vacances / les sorties / les weekends en cherchant des locations ou des bons plans ?!
  • Tu passes 2H en cuisine pour préparer des petits plats, mais tes filles s’extasient sur le poisson pané – haricots verts de leur Papa ?
  • Tu t’es toujours occupée de trouver des logements lorsque vous déménagiez ?! De téléphoner, visiter, donner votre préavis, contacter les organismes, ouvrir / fermer des compteurs ?!
  • Tu t’occupes des visites médicales des enfants dans 80% des cas ?! C’est toi qui courais de médecin en médecin quand votre fille de quelques semaines hurlait jour et nuit pour trouver une solution ?!
  • Tu as cherché et pris contact avec des Nounous pour les rencontrer et les choisir ?! Tu as fait ses fiches de paies et déclarations URSAFF pendant 4 ans toute seule ?!
  • Tu as pris des journées au boulot pour visiter la future école ou accompagner aux sorties scolaires ?!
  • Tu donnes ton avis sur toutes les questions de ton Homme qui, jusqu’à récemment, n’était pas capable d’acheter un t-shirt ou un caleçon sans te demander ton autorisation ?!
  • Et pourtant tu bosses 60H par semaine ?!

Ouais, il y a comme un gros hic là, non ? Elle est où mon heure de gloire ? Les remerciements, les fleurs et les haies d’honneur ?

Est-ce que le Mâle Grincheux, il prend cet air fier quand il raconte à ses potes qu’hier, j’ai fait de la brioche au nutella, du pain, du bœuf bourguignon, que j’ai passé l’aspirateur et la serpillère, fait les devoirs avec Princesse Casse-Bonbon, rangé le linge de tout le monde dans les armoires tout en bossant 10H dans la journée ?

Est-ce que ses potes lui répondent qu’il a beaucoup de chance d’être tombée sur une femme si extraordinaire qui s’investit autant dans son foyer, s’occupant de ses enfants, en travaillant quasi le double ?

Est-ce que quelqu’un va ENFIN ouvrir sa bouche pour dire que, bordel de merde, cette situation n’a rien de normal ni naturelle ???

Non je n’ai pas besoin d’aide : il n’est pas normal d’avoir besoin d’aide, d’avoir  à demander gentiment pour ne pas vexer le sexe opposé, parce que Monsieur travaille et est fatigué (parce que les femmes ne sont jamais fatiguées) : « oulala le linge déborde depuis 1 semaine… peut-être que tu pourrais penser à ramasser le linge qui traîne depuis des jours et mettre une machine en marche ? Si t’as le temps ? »

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Je le vois sauter au plafond d’ici, mon Mâle Grincheux Super Parfait, s’offusquer du fait qu’il fait plein de choses, et que je continue de me plaindre, que c’est pas très gentil de dire ca… Sauf qu’en fait, il n’aura rien compris. Cette simple réaction prouvera qu’il a, lui-même, l’idée bien ancrée qu’il en fait déjà beaucoup en tant qu’Homme – plus que de nombreux autres Mâles sur cette planète – et que je devrais plutôt savourer la chance que j’ai…

Au lieu de se dire que lui a une chance incroyable de ne pas être une femme en 2017. Car là, il comprendrait.

La société nous a habitué à ca, nous a appris à agir et raisonner ainsi. Moi-même, prise dans le tourment du quotidien, je trouvais cette situation plutôt normale. Avant d’y réfléchir pendant 10 secondes !

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Bien dit Emma : merci à toi !

Du changement dans l’air… La (sur ?) consommation

Un air de changement… ou plutôt d’évolution est né ici, dernièrement. Pourquoi,  comment… ? Je n’en sais trop rien, à vrai dire. Une réflexion plus poussée mériterait un autre article !

Depuis des années, on avance doucement vers un chemin plus naturel, plus respectueux, de notre consommation. On était en 1ère vitesse depuis… allez, au moins 5 ans ?!

Puis, de manière quasi simultanée, avec l’arrivée du printemps, moi et le Mâle Grincheux avons passé la 2ème ! Ca a commencé avec la simple idée de cultiver nous-même (enfin… lui-même ! Moi je regarde et j’approuve) notre potager.

Nous le faisions déjà, comme un certain nombre d’autres choses, avant, mais de manière plus légère, moins réfléchie : allez, on va planter des tomates, des courgettes, des salades et des fraises dans ce petit carré, ca ira bien !

Et c’était bien. On était fier ! Nous mangions ce que nous avions créée !

Que faisions nous d’autres, de bien, pour nous-mêmes et notre environnement ?

Nous avons toujours trié nos déchets, dès que nous nous sommes mis en ménage. Ca n’était pas un acte naturel pour le Male Grincheux, qui n’avait pas été élevé ainsi. De mon côté, je faisais ca depuis l’enfance, c’était normal. Et puis, disons le franchement, il ne faut pas sortir de Saint Cyr pour savoir qu’il y a une poubelle à feuilles, une poubelle à cartons / emballages, une poubelle à verre, et une poubelle pour le reste… Si ? Chez nous, nous avons la poubelle d’ordures ménagères dans la cuisine, et un bac en plastique pour chaque autre déchet dans le cellier. Même nos filles de 4 et 6 ans savent comment ca fonctionne !

J’ai oublié un autre type de poubelle, qui va avec le jardin : le compost ! Bien sûr ! Pour les déchets « vivants » (mais morts, du coup !).

Princesse Casse-Bonbon a été en couches et lingettes lavables tardivement, après 18 mois, alors que j’étais enceinte de Mademoiselle Patate. D’ailleurs, Princesse Casse-Bonbon était allergique à certaines couches, dont une grande marque bien connue, mise sur son beau cucul divin dès la maternité… Je voulais faire « mieux » pour la suivante, éviter les produits toxiques contenues dans les couches, la grande a donc été la testeuse ! Mademoiselle Patate a mis plus de couches lavables que de jetables (pratiques pour les sorties et lorsqu’elle était plus grande).

Nous allons à l’école et à la boulangerie à pied ou en vélo. Faut dire qu’on a 500 mètres à faire, c’est facile et pratique. Mais croyez moi… certains parents vivent plus près, mais y vont en voiture. Le temps d’attacher leurs enfants (heum, quand ils les attachent…), nous arrivons en même temps. I-NU-TILE !

On ne laisse pas couler l’eau, que ce soit sous la douche, pour se brosser les dents ou se laver les mains. C’est évident, a priori, pourtant certaines personnes n’y pensent pas.

Idem, on ne tire pas forcément la chasse d’eau en cas de pipi (chez nous ! Pas chez les autres), on attend 2 ou 3 pipis.

Nous nous douchons un jour sur deux, globalement, sauf sport / piscine / forte chaleur, etc.

Nous nous lavons au gel douche bio (corps et cheveux) et n’utilisons pas d’autres produits, aucune crème, aucun après-shampoing. Mon déodorant est bio, celui du Mâle Grincheux non, il tient fermement à son pscchhiiiiit chimique.

Certes, en vacances, 3-4x par an, nous utilisons des crêmes solaire. Je connais les risques et les compositions, je sais que c’est cancérigène… mais je suis positive et sûrement égocentrique, parce que je veux pouvoir me promener sur la plage en maillot de bain à 14H sans me planquer à l’ombre, et me la péter en septembre avec mon bronzage. Je me dis que pour quelques jours par an, on ne risque pas grand-chose. Mes filles ont tout de même des maillots de bain anti UV, avec des manches longues, et des chapeaux : seules leurs gambettes sont exposées et tartinées de crème.

J’ai une coupe menstruelle depuis un an et demi. Les débuts ont été difficiles, pas mal de fuites, mais au bout de 2-3 mois, j’ai commencé à me connaitre mieux, à savoir comment je devais positionner la cup par rapport au col de l’utérus, à faire certains aménagements sur ma cup grâce à un forum d’utilisatrices. Je ne changerais contre rien au monde !

J’utilise des cotons démaquillants lavables, réalisés par Maëlle de Nuage et Bulles. Des lingettes ou gants lavables pour le visage, ou pour une toilette rapide.

Je crois pouvoir dire que je fais pas mal à manger, du moins en ce qui concerne le plat principal. Il y a de moins en moins de préparations industrielles. Ca arrive de temps en temps, comme des pizzas surgelées, ou des soupes toutes faites (bio, ca compte ?), parce qu’il y a des jours, où, comme tout le monde, j’ai pas envie, j’ai la flemme, j’ai pas le temps…

Le gros point noir, dans notre alimentation, est le côté sucré. Si tu me connais un peu, tu sais que je fais des gateaux, des crêmes, des verrines, des tartes, des cookies, des crumbles, des tiramisus, des riz au lait, des beignets, des macarons, etc… mais que je n’en fais pas tous les jours. Tous les jours, c’est plutôt yaourt à la vanille ou au chocolat, des céréales pleines de sucres, de la pâte à tartiner pleine d’huile de palme, des brioches et des gateaux industriels. Ca, c’est notre quotidien. Les prépas faites avec amour… c’est le weekend.

Manger moins de produits laitiers provenant de nos amies les vaches : là encore un gros point noir, nous adorons le fromage, les yaourts, les glaces, le beurre (le matin en tartines)… Au fil des années, j’ai acheté de plus en plus de laits végétaux, de yaourts au lait de chèvre, du fromage de chèvre. Certes, ce n’est pas la folie folie, côté changement, mais chaque petite chose a son importance, vu notre forte consommation !

Manger moins de viande : avant, nous en mangions à quasi tous les repas, imaginez ! Désormais, c’est une fois par jour, même si nous avons bien conscience que c’est encore trop. Des habitudes (et des goûts !) ancrés depuis notre tendre enfance à refaire…

J’achète déjà un certain nombre de produits bio, mais pas tout. Ca dépend un peu de mon humeur, de mes envies, de mon porte-monnaie. Par ex, pour les produits quotidiens comme le lait, le beurre, les céréales, la farine, le sucre, etc… c’est bio.

Ce changement s’est donc opéré au mois de mars par pas mal de réflexions et de discussions. Nous voulions changer notre manière de consommer, être plus responsables pour nous, pour nos enfants, pour nos concitoyens, pour notre planète.

Qu’est-ce qui a changé, concrêtement, ces dernières semaines ?

  • Nous avons listé les fermes, producteurs, marchés et magasins bio autour de chez nous pour favoriser le commerce local.
  • Pour l’alimentaire, nous n’achetons plus que local et / ou bio. Sachant que le local est prioritaire sur le bio : par exemple, j’ai le choix entre une salade pas bio de la ferme du village et une salade bio de Super U… je choisis la ferme. Pour ce que je ne trouve pas localement, je le prends en supermarché, mais bio. Bien sûr, nous ne jetons pas tout ce que nous avons dans nos placards : nous les terminons tranquillement, ce n’est pas une raison pour jeter sans raison.
  • Le Mâle Grincheux a repéré un magasin 100% vrac, pour réduire nos déchets : le concept est simple, on se sert et on met dans nos propres boites / sachets. Nous n’avons pas encore testé, mais ce sera pour bientôt.
  • Nous récupérons l’eau : de la douche et du robinet, à l’aide de bassines. L’eau récupéré sert à la place de la chasse d’eau. Résultat : nous avons aisément divisé le nombre de chasse d’eau par 2.
  • Nous n’achetons plus. Tout court. Plus l’envie, plus le besoin. Ce n’est pas une question financière, c’est simplement une prise de conscience : acheter tel objet nous fera plaisir 1H, puis on l’oubliera, il ne servira pas. Consommer pour consommer… à quoi bon ? Si on achète, on se pose la question de sa réelle utilité : est ce qu’on y aurait pensé si nous n’étions pas passé devant ? Est-ce qu’on a pas déjà quelque chose, chez nous, qui peut servir à sa place ?
  • Je participe à un groupe d’entraide minimaliste, sur Facebook, composé de 60.700 personnes, rien que ca ! Je participe (un peu), mais surtout je lis (beaucoup) et j’apprends énormément des expériences de vie des autres licornes (NDLR : le petit nom de chaque personne présente dans ce groupe, désireuse de consommation différente et respectueuse). Ce groupe a été crée par des prêtresses connues et reconnues, qui participent activement et échangent avec nous autres « bébés licornes ».
  • Ainsi, sur ce groupe, j’ai trouvé de nombreux conseils et astuces. Par exemple, qu’un seul produit (naturel) peut être utilisé pour nettoyer de très nombreuses choses ! Que faire sa lessive soi même n’avait en fait rien de compliqué, et ne prenait que peu de temps. Qu’il existait une recette magique pour faire son propre pain en peu de temps.
  • Je me suis mise au boulot, j’ai zieuté ca et là des recettes, et j’ai acheté ce qu’il fallait pour faire nos propres produits ménagers, avec des ingrédients naturels (sur aroma-zone et greenweez pour info). En plus, ca fait des activités sympas avec les enfants.
  • Je me bouge et fais plus de dessert / goûter, pour, à terme, pouvoir se passer totalement des trucs industriels. J’ai peur qu’on devienne des grosses patates obèses, mais c’est un autre problème. J’ai également mis des recettes en favori pour faire du pain facilement, du lait végétal, de la pâte à tartiner, entre autre.
  • Nous prévoyions de réaliser une terrasse de jardins avec des palettes récupérées.
  • Espacer encore les douches à ce qui est nécessaire (en gros… quand on schlingue !), et non à la règle pas toujours utile des 48H. Quand pas de douche : toilette rapide au gant, aux endroits stratégiques. Voir cet article très complet sur l’utilité des douches : http://french.mercola.com/sites/articles/archive/2016/09/27/arreter-de-se-laver.aspx

 

Je pense avoir fait le tour de ce que nous avons déjà entrepris… C’est un début.

Une prise de conscience qui commence doucement, mais sûrement, qui nous rend plus léger, plus confiant, plus responsable, et surtout plus acteur des enjeux économiques et écologiques de notre pays.

Voter – ne pas voter… Telle est la question

Tu te souviens, au début, quand je te disais que je ne parlerais sûrement pas de politique ? C’est vrai. Je ne vais pas te dire pour qui voter, qui a les meilleures idées, qui devrait migrer sur la lune (bien qu’on en ait tous une petite idée).

La question qui revient, ces dernières semaines, est celle du vote : se déplacer, oui, non, vraiment, pourquoi ?

Je vois ces interrogations défiler, sur les réseaux sociaux, sur des articles, dans nos conversations quotidiennes. Tu te rendras vite compte de mon avis, Petit Lecteur.

Personnellement, à J-2 du premier tour des Présidentielles, je n’ai toujours pas fait de choix. Je ne me suis pas vraiment intéressée aux élections, comme tu le sais, je ne regarde / n’écoute plus les infos depuis des années. J’ai arrêté de me torturer le cerveau avec la tristesse du reste du monde. J’entends bien des bribes, par ci par là, je vois des extraits de telle ou telle émission dans mon fil d’actualité, je vois des articles être partagés par mes amis.

Ce que j’ai constaté, c’est surtout les scandales, les guéguerres. Qui ont pour évidente conséquence la perte de confiances des potentiels électeurs. Comment veux-tu rendre le vote crédible, quand la population se sent flouée, désabusée, manipulée ?

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Voilà ce qui ressort de cette campagne 2017, à mes yeux, en quelques mots : du foutage de gueule. Des hommes et des femmes qui se battent plus pour le pouvoir, pour être toujours plus au dessus des autres, et dont les valeurs ont du mal à vraiment émerger.

Alors effectivement, beaucoup se demandent à quoi bon… tel escroc ou telle voleuse, on n’est plus à ca près ! En quoi cela changera-t-il nos vies… ?

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De mon point de vue, voter pour un candidat modéré ne changera effectivement pas nos existences. Notre quotidien n’en sera pas bouleversé. On ne verra pas grande différence, en allant bosser, en allant faire nos courses, en s’endormant le soir.

Les belles promesses de la campagne s’envoleront probablement, irréalisables ou oubliées, la vie reprendra son cours. Il y aura probablement quelques réformes : chacun voulant laisser son emprunte, chacun voulant faire mieux, n’y parvenant pas forcément.

Ce qui me laisse plus dubitative reste le vote des extrêmes… Là, je ne suis pas certaine des conséquences, et ca a tendance à m’effrayer. D’une parce que certaines idées me hérissent le poid, me donnent carrément envie de gerber : imaginer telle ou telle personne à la tête de notre grand pays me rend malade ! D’autre part, parce que ces personnes ne reculent pas si facilement, maniant la manipulation comme personne, et que beaucoup se laissent bercer par ces belles illusions.

Pourtant, j’en suis persuadée : autant avoir un Président lambda ne changera pas nos vies, autant avoir un extrême à la tête de notre Etat peut avoir des conséquences non négligeables.

Ne pas voter, c’est prendre une vraie responsabilité, comme celle de se déplacer : ca signifie acquiescer. Peu importe le résultat, on est d’accord, on s’en fiche, on agit en ne faisant rien.

Voter veut dire prendre position, faire l’effort de défendre les idées qui nous correspondent plus ou moins, élire la personne… la moins pire. C’est vrai. Et si la pire est élue, on ne regrettera rien : on aura fait ce qu’il fallait, en notre âme et conscience. Advienne que pourra !

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Peut-être que pour beaucoup, ca ne sert à rien, tout cela n’est que du vent, de la perte de temps. En attendant, quelles solutions ? Y’a-t-il un meilleur système ? D’autres alternatives ?

Je ne parle même pas de ces pays, dont les habitants rêverait d’une démocratie telle que la nôtre, qui n’ont pas le quart de nos droits et qui donneraient tout pour échanger nos places… Ou juste un petit peu. Il faut savoir faire la part des choses. Les Français sont les champions du monde de la complainte : pourtant, nous avons cette chance incroyable d’être né ici, sans avoir rien demandé, sans l’avoir mérité non plus. Il y a des pays où il fait bon vivre, je pense ne pas me tromper en disant que la France en fait partie. En tout cas, j’aurais tendance à ne pas classer l’Afghanistan ou la Somalie dans cette catégorie, comme quoi… Tout est question de point de vue !

Vous connaissez mon opinion sur la question. A vous d’agir (ou pas) !

La découverte du minimalisme et d’un mode de consommation différent

Soyons clairs tout de suite : je ne suis pas (encore ?) et n’ai jamais été minimaliste, je n’ai jamais trop réfléchit à ce que j’achetais ou la manière dont je consommais. Je faisais « comme tout le monde », comme j’ai été élevée.

Mais c’est quoi, ca, être minimaliste ? Une nouvelle mode ? Une secte ?

« Le minimalisme ou simplicité volontaire est le fait de simplifier son mode de vie en réduisant sa consommation et ses possessions pour ne garder que l’essentiel.

Il y a des degrés différents, mais l’idée est d’aller à contre-courant de la vague (ou plutôt du tsunami) de la grande consommation. Le principe de ce mouvement est de  privilégier la qualité à la quantité, de favoriser les expériences aux  possessions matérielles. »

Définition trouvée ici – définition plus complète sur ce lien :

http://positivessence.fr/etre-ou-avoir-le-mode-de-vie-minimaliste/

Avoir des enfants m’a, pour ma part, beaucoup changé. En bien ou en mal, je ne saurais pas encore le dire… Certains traits de ma personnalité ont été modifiés en profondeur. En tout cas, certains côtés sont mieux qu’avant.

J’ai muri, indéniablement, me suis posée beaucoup de questions, me suis pas mal renseignée, ai changé certaines manières de faire. Mais là, on parle surtout de mode d’éducation, de la manière dont j’ai souhaité élever mes enfants, du regard que j’ai porté sur leur avenir.

Je consommais. Je consomme tout court, à vrai dire. Devenir mère ne m’a pas tellement transformé, de ce côté-là. Même si –je pense – acheter moins que la plupart des parents de mon entourage, je suis dans la « moyenne ».

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En déménageant, en aout dernier, il y a eu une petite révolution contrainte et forcée. On passait d’une location de 160m2 habitable, plus un double garage avec double grenier – c’est à dire 60m2 en plus de bazar… à notre maison de propriétaire de 105m2 habitable, avec un simple garage de 20m2 ! Grosso modo, on a perdu 95m2, c’est énorme !

Nous avions une chambre de 25m2 = on est passé à 11 ! Nos filles avaient 2 chambres de 16m2 = elles sont passées à 10.

Bref, il a fallu faire des choix, se débarrasser d’un sacré paquet de trucs, qui ne nous ont quasiment jamais servit, mais qu’on gardait « au cas où ».

Vous connaissez ce « au cas où » ? J’ai grandit dedans ! On ne jette rien, ca peut servir un jour.

Sans parler des « oh c’est pas cher, ca vaut le coup ! » mais si dans l’immédiat, le truc en question ne servira à rien  – ou qu’on l’a déjà en 25 exemplaires (les fringues par exemple !).

On a fait un sacré paquet d’aller-retours à la déchetterie, donner ou vendu, trier nos garde-robes et les jouets des enfants. C’était déjà un grand premier pas. Forcé, certes, mais qui nous a fait du bien.

Pour le Mâle Grincheux, ca a été relativement simple, il n’aime pas l’encombrement, il se débarrasse facilement, il aime les pièces claires et « vides ». Bref, il n’est pas matérialiste ! Pour moi, c’était plus difficile.  Chaque objet faisait l’objet d’un « pour ou contre », avec le fameux « mais si on en a besoin un jour ??? ». Incorrigible.

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En arrivant ici, le Mâle Grincheux a plus ou moins imposé son envie de pièce libre, sans bordel, sans meuble devant chaque bout de mur ! Ce que, moi, j’ai toujours eu tendance à faire : remplir !

Je l’ai d’abord vécu comme une contrainte, il nous fallait des rangements ! Je vivais persuadée qu’il fallait des rangements, des tiroirs, des étagères. Partout.

Sauf qu’avec le tri qu’on avait déjà réalisé et les meubles qu’on avait encore à changer (car abimés ou qui ne nous plaisaient plus), pas mal de choses sont restées dans le garage, dans des cartons. A part la cuisine équipée, remplie, le salon était plus ou moins désert, ne contenant qu’un canapé, un meuble télé, le bureau de l’ordinateur, et la table sur laquelle nous mangeons. Une révolution par rapport à avant.

Au final, après 5 mois à vivre avec nos meubles « à débarasser », que nous n’encombrions pas, exprès… je me suis rendue compte que tout ce qui dormait dans les cartons n’avaient jamais été utile, nous n’avions même jamais jeté un œil dedans ! J’étais incapable de savoir ce qu’il y avait dedans.

Et puis, à force, je me suis aperçue que l’espace était agréable. Que remplir chaque coin n’était ni un besoin ni utile.

Nous avons bel et bien jeté ou donné nos meubles, les avons changé, et n’avions quasiment rien à mettre dedans !

Voici le meuble télé : vide. Le coffre sous le citronnier ? Vide également.

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A droite du meuble télé, la couche du chien Déglingo, puis une étagère : un panier contient de la peinture, un autre des légos – les 2 sont pour nos filles. Les 6 autres paniers sont vides.

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2 des casiers contiennent des livres, tous les autres de la déco : plantes ou cadres photos. Quand on a sorti 3 cartons de livres (du garage !), on a de nouveau fait un tri : nous en avons gardé 1/3, nos préférés, le reste à donner à la bibliothèque de la commune. J’adore lire, je dévore généralement un livre en 2-3 jours, et s’il me plait moins en 1 semaine.

J’ai réfléchit à la question et me suis dit que lire des e-books sur tablette pouvait être une bonne alternative, sans encombrer la maison, sans consommer à outrance et gâcher des arbres, polluer, jeter. Lire est un plaisir, pas un outil final !

C’était le mois dernier. Et à partir de cet instant là, j’ai eu une prise de conscience. Il fallait changer, à quoi servaient tous ces objets ??? Ne pouvaient ils pas servir à d’autres, moins chanceux, dans le besoin ?

Par hasard, dans mon fil d’actualité sur Facebook, dans les jours suivants, je suis tombée sur l’article de Eloïse Weiner, it’s a mum life, vous connaissez ? Je la suis depuis des années, j’adore son blog, son humour et ses dessins.

Son article en question, sur la garde-robe minimaliste de sa famille :

Une famile minimaliste : le dressing.

Pour moi, ca a été, d’une part : un choc de savoir qu’une famille pouvait vivre avec si peu de vêtements, tout en n’étant absolument pas dans les besoin.

D’autre part, une révélation sur un mode de vie – et de consommation – différent ! Qui m’appelait sans avoir de nom.

Quand quelque chose m’interpelle ou éveille ma curiosité… je lis ! J’ai passé les jours suivants à lire de nombreux articles blogs sur le mode de vie minimalisme. J’ai acheté un livre (incorrigible !) de Dominique Loreau : l’Art du Minimalisme. Il semblerait que ce soit l’une des bibles sur la question.

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Aujourd’hui, je ne l’ai pas encore lu, je l’avoue. Mais je parcours toujours le web, pour lire telle ou telle expérience de vie. Je suis également sur 2 groupes, sur Facebook, dédié à ce mode de vie. J’adore lire les différents points de vue des protagonistes, leurs différentes manière de faire, leurs différentes définitions également.

Car oui, à chaque personne, correspond un mode de vie propre. Quand l’un a besoin de 2 pantalons, un autre ne se verra pas vivre sans 10. Nous avons tous un degré de tolérance différent !

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En ce qui me concerne… une mode ? Peut-être, peut-être pas. Le Mâle Grincheux se retrouve naturellement dans cette démarche, chez lui, ca a toujours été inné, et ca ne représente pas une difficulté. Quand on vit en couple, en particulier depuis des années, on déteint l’un sur l’autre, on change à son contact.

C’est étonnant de constater que, même après 15 ans ensemble, on évolue, on apprend, on grandit.

Depuis, nous avons apporté quelques changements dans notre quotidien, doucement mais sûrement. Ils ne concernent pas seulement la quantité d’objets contenus dans notre maison, ca touche également à notre alimentation, nos garde-robes, nos dépenses en général…

A suivre !